Réponses aux QCM
Alcool et perte de poids
Nouveau format : réponse aux deux précédents QCM mis sur les réseaux. Je ferai ça au même rythme : deux QCM, une réponse, et un petit fait divers. Ce post est rédigé à la main, sans IA.
Quelle est la conséquence la plus fréquente de l’addiction à l’alcool ?
A) Les troubles cognitifs
B) La cirrhose
C) L’insuffisance hépatique
D) La schizophrénie
E) Le cancer de la vessie
La plupart des gens avaient la bonne réponse, les troubles cognitifs sont les complications les plus fréquentes de la consommation d’alcool. On est entre 30 et 80% de prévalence. On peut ne pas être d’accord sur la définition d’addiction (et les psychiatres ne sont en réalité pas vraiment d’accord), mais le cerveau est l’organe qui souffre le plus de ce produit.
Le “stade terminal” des troubles cognitifs qu’est la démence est moins fréquent.
La cirrhose, évolution de la fibrose hépatique, est gravissime, mais moins fréquente : 10 à 15% des patients. La plupart l’ignorent, la cirrhose est découverte dans 30 à 40% des cas à l’autopsie – notez que ces données sont un peu anciennes.
La stéatose hépatique alcoolique n’était pas proposée. Mais elle est quasiment systématique : on parle de 90% des consommateurs concernés – pour 4 à 5 unités standardisées d’alcool par jour. Les définitions autour de ce terme varient beaucoup, et la prévalence avec.
La schizophrénie n’est pas une complication de l’alcoolisme, mais les patients peuvent finir par développer des symptômes psychotiques – délires ou hallucinations, qui représentent une forme d’insuffisance cérébrale, et se manifestent dans une variété de situations cliniques (démence, confusion, intoxications etc...). Dans l’autre sens, les patients atteints de maladie mentale sont plus à risque de consommer de l’alcool, et d’en devenir dépendants.
L’alcool n’est pas associé au cancer de la vessie (mais il y en a d’autres).
Quelle est la molécule de première intention en cas de prise de poids sous psychotropes ?
A) L’Ozempic®
B) Le Mounjaro®
C) La metformine
D) Le rétatrutide
E) Le topiramate
Parce que la metformine est la molécule avec le plus de recul, il n’y a pas de raison de commencer avec le sémaglutide (présent dans l’Ozempic et le Wegovy). La revue Cochrane rappelle que le poids moyen perdu ou évité est de 3-4 kilos, avec les limites de la “moyenne” qu’on connaît bien.
L’étude cochrane s’est penché sur les antipsychotiques. D’expérience, la metformine peut marcher avec n’importe quel psychotrope dès lors que les patients se plaignent d’une augmentation de l’appétit.
Le sémaglutide marche bien mieux, avec en moyenne 15% de poids corporel perdu, mais les conditions d’accès en France sont problématiques. Attention, ces données sont issues d’un groupe avec 2,4 mg de sémaglutide, et chez des patients qui n’étaient pas sous psychotropes. Pour normaliser l’appétit chez les patients sous psychotropes, la dose est probablement beaucoup plus faible. D’expérience, 1 mg suffisent souvent.
Il existe néanmoins des incertitudes avec ces produits, notamment sur le risque de cancer thyroïdien (et colorectal, moins probable). Si la metformine ne marche pas, la suite logique est le sémaglutide.
Le rétatrutide est un triple agoniste (du glucagon, du GLP-1, et du GIP), encore plus efficace que le sémaglutide et le tirzépatide, mais pas disponible en France. Une étude de phase 3 est terminée, avec une perte de 28,3% de poids corporel annoncé à 80 semaines. On attend les résultats, mais dans l’étude de phase 2, on peut dire que ça décape : avec 12 mg, 24,2% du poids en moins.
Attention, les GLP-1a diminuent la faim et la sensation de soif. Compte-tenu des chaleurs, il faut prévenir les patients.
Le topiramate peut faire perdre du poids et se prescrit dans une myriade de situations cliniques différentes, mais demande une certaine expérience, je le mentionne juste.
Certaines prescriptions sont hors autorisation de mise sur le marché, ce qui n’a pour le clinicien aucune importance, encore une fois. Le Tercian a l’autorisation sans étude, chaque prescription est une honte pour la discipline.
Mon interview sur What’s up Doc est sortie. Je compte sur vous pour partager, mon combat pour améliorer la prise en charge des malades a besoin d’un petit coup de pouce.
Une étude sur le pramipexole dans la dépression anhédonique est sortie dans Nature Médecine. On a droit à 6 mois open-label après la période randomisée. Il y a maintenant beaucoup plus de données sur le pramipexole dans la dépression que d’autres “habitudes de soin” françaises.

Mon livre est disponible sur Amazon, la Fnac et en librairie. Les deux liens sont affiliés.



